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Fêtes de fin d’année : le Noël des Limousins expatriés

Fêtes de fin d’année : le Noël des Limousins expatriés

 Loin de ses bases creusoises, dans un environnement qui ne connaît pas l’abondance, la famille Orange apprécie de vivre des fêtes de fin d’année sobres à Madagascar. Les « surprises » ne sont pas toutes au pied du sapin.

 

Le petit sapin de Noël synthétique de 50 centimètres trône au milieu du modeste appartement de la famille Orange. Il a été transporté dans l’une des cinq valises où Thomas, Christelle, Romain, Simon et Nathan ont tassé ce qui leur semblait le plus essentiel, avant d’embarquer pour Fianarantsoa, en août 2014.

Tous les colis sont systématiquement ouverts

Les Orange viennent de vivre leur deuxième Noël sur ces hautes terres du sud de l’île rouge. Début décembre, quand ils ont voulu décorer leur sapin fluet, petite déception : les rongeurs s’étaient repus des guirlandes. Pas de surprise, côté météo : c’est toujours Noël au balcon avec des pointes de mercure à 30 ou 32°C. Enfin, au balcon, avec un parapluie : la saison des pluies amène de gros orages. « La fin de l’année c’est aussi la saison des imprévus. Il y a de nombreux services qui dysfonctionnent. Les coupures d’eau succèdent aux coupures d’électricité », énonce Christelle, qui se sent mieux préparée à improviser qu’en 2014. Un Noël aux chandelles ne manque d’ailleurs pas de charme.

Comme l’an dernier, Romain, Simon et Nathan ont préparé longtemps à l’avance de petits paquets. Ils sont envoyés dès novembre, vu le délai d’acheminement.

Le Père Noël malgache, lui, voyage léger, pour de multiples raisons et pas seulement l’abondante sudation que lui cause sa tenue polaire. Les petits Orange n’ont pas trouvé que des agrumes dans leurs souliers. Les petits paquets au pied du sapin sont toutefois loin de l’indécente profusion occidentale : « ils ne reçoivent pas d’objets de valeur, car tous les paquets sont ouverts à la douane ».

Des jouets locaux en bois complètent les paquets de France. Les enfants, qui n’avaient déjà pas pu embarquer leur coffre à jouet sostranien, se plient à cette sobriété. A La Souterraine, les Orange étaient déjà partisans de fêter « Noël autrement ». « Ici, c’est resté avant tout une fête religieuse, qui est d’ailleurs célébrée avec beaucoup de ferveur. De toute façon, il n’y a guère de tentations dans les vitrines », fait observer Christelle. A l’école où elle enseigne le français, « tous les enfants, âgés de 2 à 18 ans ont reçu chacun une sucette. Et les plus grands n’étaient pas les moins ravis?! ».

 

« Une messe malgache peut durer 4 heures »

Pour le réveillon, les Malgaches mangent bien et surtout… s’habillent bien. « S’ils font quelques folies, c’est pour les vêtements de cérémonie. Ils aiment que ça brille », sourit la coopérante. Cette année, la famille venue de Creuse n’est pas allée à la messe de minuit à la cathédrale de Fianarantsoa : « une messe malgache peut durer quatre heures, puisqu’elle inclut le kabary, qui est un discours rituel. Il y a aussi souvent une chorale, chez les catholiques comme chez les protestants ». Les Orange se sont plus prudemment repliés sur la messe de la communauté francophone.

La très forte religiosité des Malgaches a de nombreux caractères originaux comme les « Fady », des interdits culturels : « une partie des chrétiens font une interprétation littérale des textes et ne mangent pas de cochon, par exemple. C’est compliqué pour les profanes, une gaffe est vite arrivée ».

 

La SaintSylvestre entre coopérants

Les vacances scolaires sont aussi l’occasion de découvrir la cinquième plus grande île du monde. Cette année, les Orange ont mis le cap sur la côte est. Pas de baignade au programme : les rouleaux sont dangereux. Ils ont prévu de revenir sur les hautes terres pour fêter la Saint-Sylvestre : « On sera plutôt entre coopérants. Ce n’est pas une fête très importante à Madagascar ». Le fait que la guirlande électrique ait été boulottée par les souris n’est finalement pas trop grave : sous le tropique du capricorne, les guirlandes sont dans le ciel. Dans la profonde nuit de « Mada », les étoiles brillent plus fort.

Julien Rapegno

 

Thomas, Christelle, Simon, Romain et Nathan Orange, de La Souterraine, passent deux ans à Fianarantsoa, à Madagascar – Photo DR

 

 

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