Dossier : haricot à Madagascar

Une filière peu organisée qui mérite d’être exploitée.
Le haricot est la troisième culture vivrière après le riz et le manioc à Madagascar. Mais la filière est peu organisée et mal exploitée face aux diverses contraintes dans la production tant en quantité qu’en qualité, risquant de ne pas satisfaire les besoins du marché international.

De l’ordre de 80.000 tonnes sur une superficie de 83.000 ha, la production nationale reste insuffisante tant en quantité qu’en qualité. Le marché international exige des produits normalisés et un certain tonnage est requis. Or les produits de haricot semblent non compétitifs et ne répondent pas aux exigences et besoins du marché. Le volume d’exportation de 6.075 tonnes en 1995 est réduit de moitié dans les années 2000. Or, des demandes importantes sur le marché d’exportation existent, pour ne citer que l’Inde avec une demande croissante de 581.000 tonnes depuis 2000. Cette demande atteignait presque les 6 millions de tonnes en 2011.

Dans l’océan Indien, les îles de La Réunion et Maurice  importent près de 200.000 tonnes de grains secs de Madagascar en 2011. Par ailleurs, l’inaccessibilité des informations sur le marché et ses exigences font que les demandes sur ces marchés ne sont pas connues. Les prix des produits ne sont pas motivants pour les producteurs, une capitalisation des informations fait défaut et la qualité même des produits n’est pas satisfaisante. Une structure de rassemblement des acteurs, où des opportunités d’échanges pourraient pallier la situation, n’existe pas non plus.

Relance de la production vers le marché d’exportation
Des demandes importantes de haricot de la part des pays européens et des îles voisines de l’océan Indien ont été enregistrées. La production de Madagascar tant en qualité et qu’en quantité n’arrive pas à honorer ces besoins. C’est ainsi qu’une relance de la production fait l’objet des efforts des différents partenaires impliqués dans la filière haricot tout en valorisant les résultats de recherche.

Le festival du haricot ou Laingon’i Betsiriry qui s’est déroulé récemment à Miandrivazo a permis d’apprendre ce qu’est le lingot blanc et ses spécificités. Sa chair est aérée, son goût est plus riche, il est facile à cuire, et il est 100% bio. Les producteurs ont également présenté de nouvelles manières de le servir, car, mélangé à d’autres ingrédients, le haricot peut être servi aux bébés, en salade, en boulette, et même en confiture. Le festival a aussi été une occasion pour les opérateurs et les professionnels du haricot pour échanger des informations en vue de l’amélioration du produit à exporter, et donc l’amélioration des semences et des méthodes de culture au niveau des paysans.

Trois conditions favorables à considérer
Dans l’optique de faire de Madagascar un exportateur de produits agricoles, trois éléments ont été pris en considération. Il s’agit entre autres de la qualité et de la quantité puisque qu’un certain tonnage est requis pour chaque produit et surtout le prix, car les opérations suivent tous les cours mondiaux. Ainsi, les lentilles, l’arachide, le maïs et surtout le haricot font partie des produits que le pays propose. De plus, selon un expert sud-africain en exportation, désireux d’investir et d’apporter sa contribution, le haricot malgache possède les qualités requises pour entrer sur le marché international.

Malgré l’importance de la demande extérieure en haricot, les experts et les exportateurs s’accordent à dire qu’il est plus sage de ne pas se contenter de ce seul grain. Le climat et le sol étant favorables à l’agriculture, les paysans devraient multiplier leurs chances de réussite en produisant de l’arachide, des lentilles et d’autres grains afin de ne pas être dépendants et vulnérables face aux fluctuations du marché international.

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Une réponse à "Dossier : haricot à Madagascar"

  1. Rabarijaona  11/09/2014 à 14:07

    Est ce que Madagascar n’a pas encore de statistique de consommation de haricot par personne par an du fait que Madagascar ne peut pas encore exporter de haricot à l’extérieur vu les différents problèmes cités ci dessus.

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